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Edition jeunesse

Un polar à savourer dès... 12 ans



CSU #05 : LE PRÉDATEUR



RIEN D'ANORMAL à voir, au dos d'un polar, apparaître les mots « crimes de sang » et « tueur en série ». Sauf quand le livre s'adresse aux préadolescents, dès 12 ans. Parler hémoglobine aux jeunes lecteurs sans les terroriser, c'est le défi relevé par les Editions Milan dans leur collection CSU (Crime Support Unit). Imaginées par la Française Caroline Terrée, les aventures de l'agent Kate Kovacs ont déjà donné lieu à quatre volumes, parus l'an dernier.


Cinquième du genre, « le Prédateur » aborde sans complexes violences physiques, défenestrations et tortures mentales. Ses armes pour s'adresser diplomatiquement au jeune lectorat : insister sur l'humanité de tout assassin, expliquer sa psychologie et utiliser comme narratrice une enquêtrice à fleur de peau. « Dans la réalité, les policiers sont sûrement plus blindés que la fragile Kate Kovacs », concède Didier Dalem, coresponsable de la collection.

« L'histoire est exclusivement racontée à travers ses yeux, du coup le lecteur ressent tout ce qu'elle ressent et s'identifie à elle. » Accroché à cette balise dénuée de cynisme, le jeune bibliophile n'est donc pas encouragé à banaliser la violence décrite dans le livre. D'autant que, comme le souligne Didier Dalem, « CSU laisse de côté les scènes les plus dures et tout ce qui est lié au sexe ». « Une écriture accessible aux ados »


Il y a encore peu, les ados passaient directement de la littérature enfantine aux livres « de grands », via des auteurs consensuels comme Agatha Christie ou Mary Higgins Clark. Depuis dix ans, analyse Didier Dalem, les maisons d'édition publient des textes qui leur sont spécialement destinés. « Ils y retrouvent leurs propres préoccupations, la quête identitaire, le mal-être, le rapport avec les adultes... Et aussi une écriture accessible. » Ponctué de tournures de phrase parfois complexes et de jargon technique, « le Prédateur » table sur une narration très « visuelle ». L'héroïne parle constamment de ce qu'elle aperçoit dans son champ de vision et donne ainsi l'impression à l'ado qu'il regarde une série télé. D'autant que l'intrigue se déroule dans un décor nord-américain, à Vancouver. Et quid de l'âge du capitaine, en l'occurrence 35 ans pour Kate Kovacs ? « Suivre les aventures d'un personnage plus âgé donne l'impression de grandir. En littérature jeunesse, on dit toujours que le héros doit avoir au moins deux ou trois ans de plus que le lecteur. » Pour CSU, ils ont calculé large. Résultat, même les adultes sont pris au piège de son intrigue.


C.M. | 06.08.2006


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